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juil 12

3- Confiance, angoisse et peur face à la technique : le problème.

Pourquoi une centrale nucléaire ? De la promesse de bonheur à l’angoisse…

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour produire de l’énergie ; énergie qui pourra ensuite être transportée et utilisée quotidiennement par le consommateur. En ce sens, on trouve ici une caractéristique essentielle de la technique : être un intermédiaire entre l’homme et la nature qu’il veut transformer. La technique n’est ainsi pas à elle-même sa propre fin mais est bien quelque chose qui trouve sa justification dans la finalité qu’elle rend possible.

La technique peut être définie comme un savoir-faire permettant la transformation de la nature ou la production d’objets (dits techniques) afin de répondre à nos besoins et à nos désirs. Ainsi, la technique apparaîtrait d’emblée comme une promesse de confort dans la mesure où elle assurerait la possibilité de nous arracher à certaines contraintes naturelles pesant sur l’homme. Manger, boire, se vêtir, se protéger du froid et du vent mais aussi des autres animaux, se déplacer, communiquer… Tout semble plus facile grâce à la technique. Cette dernière permettrait donc à l’homme non seulement de réaliser ses besoins et ses désirs mais aussi, et de manière corrélative, de gagner du temps ; temps qui pourrait être utilisé comme loisir pour le plus grand épanouissement de l’homme. Confort et si j’ose dire « bonheur » semblent à la portée de l’homme grâce à la technique. C’est en tout cas sur la base de cette promesse que les hommes font habituellement confiance à la technique et aux techniciens.

Dans ces conditions, une centrale nucléaire comme celle de Fukushima offrirait à l’homme un formidable outil de production d’énergie afin de pouvoir prospérer dans le confort voire dans le bonheur.

Mais voilà, c’est la catastrophe ! Et on a l’impression que les hommes découvrent que la technique est nécessairement associée à la prise de risque et que cette prise de risque peut se concrétiser en simple défaillance ou en véritable catastrophe. Nous prenons alors conscience que cette promesse de confort voire de bonheur est associée en réalité à un risque. L’usage que je fais de mon ordinateur comporte certains risques. Ce risque peut être celui d’une panne mais aussi de la perte définitive de toutes mes données personnelles et professionnelles contenues sur le disque dur. L’usage d’une machine à laver peut impliquer la décoloration de mon beau T-shirt tout neuf (qui est désormais rose) ou une inondation dans la pièce où se situe la machine. Enfin, une centrale nucléaire peut polluer et contribuer à des soucis de santé publique mais peut également, comme nous l’avons malheureusement plusieurs fois vécu, constituer une menace pour un pays voire pour toute l’humanité.

Il faut dire que le savoir-faire technique n’est justement pas un pur savoir théorique. Contrairement au scientifique, le technicien n’a pas affaire à des objets dont il peut abstraire certaines caractéristiques afin de les modéliser tout en négligeant d’autres aspects de ces objets comme s’ils n’intervenaient pas dans l’action concrète. Le monde du technicien est en cela infiniment plus complexe que le monde abstrait du scientifique. L’abstraction scientifique est indispensable pour la modélisation théorique, pour le calcul et pour la prédiction. Le scientifique peut toujours complexifier davantage son modèle, il ne rejoindra pas parfaitement la réalité car ses abstractions, par définition, ne collent pas parfaitement au réel. Cependant, tout technicien et même tout bricoleur du dimanche sait qu’il travaille sur une matière qui lui échappe en partie et qui est capable de lui réserver bien des surprises (parfois mauvaises) auxquelles il devra faire face en s’adaptant.

Fallait-il donc attendre Fukushima pour prendre conscience que la prise de risque est toujours inhérente à la technique ? Quoi qu’il en soit, la catastrophe semble bien agir sur nous comme une piqûre de rappel (et quelle piqûre…) du fait que toute technique soit une prise de risque et que l’homme apparaisse peut être trop orgueilleux à prétendre pouvoir prendre et gérer ce risque.

Cela peut alors faire peur… Y a-t-il une alternative à la confiance dans le progrès technique et à l’angoisse face à l’inconnu ? Quelle est la meilleur attitude face à la technologie ? La catastrophe de Fukushima (dont on n’entend plus vraiment parler et dont on peut se demander si elle a véritablement instauré un débat sur notre position relativement à la technique) va alors nous permettre de soulever concrètement un certain nombre de problèmes liés à la technique. Plus précisément, c’est la question de la peur liée à la technique qui va ici être examinée. Une centrale nucléaire est-elle alors une promesse de confort et de bonheur ou plutôt une source d’angoisse ?

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